PASCAL MALLARD
architecte dplg

Le Mois de l'Architecture en Bourgogne Octobre 2012

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NEVERS : Question d’identité

Comment définir l’identité d’une ville, d’une agglomération ?

Quels sont les points d’ancrage, de reconnaissance, d’appartenance ?

L’appropriation par le citoyen de son lieu de vie, passe naturellement par l’identification de repères urbains, architecturaux, paysagers forts. Quand ceux-ci disparaissent ou se trouvent étouffés par un environnement de signes surabondants, la cité perd son identité et le citoyen ses racines.

Nevers bénéficie d’une situation géographique privilégiée avec la Loire pour miroir.

La ville s’est construite autour de sa butte se développant tout d’abord en strates concentriques. Puis l’accélération des modes de production et la rationalisation urbaine ont conduit à un étalement du bâti oubliant même le cœur de ville. Le tissu urbain s’est alors disloqué pour laisser des béances préjudiciables à l’image de la cité. De larges saignées ont fini de séparer les quartiers (déviation, boulevards périphériques, pénétrantes, voies ferrées).

Une identité peut se définir par quelques dénominateurs communs, éléments d’une ambiance urbaine constituée parfois de peu de choses qui font appel à nos sens, quelques arbres, un cours d’eau, des bruits, des odeurs, des lumières, des couleurs particulières.

Nous proposons ici de retrouver cette cohérence bâtie en comblant les dents creuses, limitant les voiries, séparant le flux automobile des piétons et vélos, supprimant les verrues disgracieuses.
Le gommage des additions telles que les mobiliers urbains « industriels », les jardinières et autres bornes contraignant les circuits, les panneaux publicitaires, permet une relecture de notre environnement.

Une « dépollution urbaine » est donc nécessaire avant toute nouvelle intervention.
L’analyse des flux de circulation ensuite et des périodes d’utilisation sont des éléments nécessaires à toute recomposition.
L’identité de Nevers pourrait être celle d’une ville verte tournée vers son fleuve. Les « points d’entrée » doivent alors être particulièrement soignés, ils identifient le périmètre de cette nouvelle agglomération.

Par la suite, il semble nécessaire de matérialiser des axes forts NORD-SUD et EST-OUEST :
- Le traitement paysager de ces des axes par coulées vertes différenciées, par l’accent mis sur la séparation automobile / zone piétonne ;
- Valorisation de la coulée bleue et l’aménagement piéton bucolique des berges de la Loire (Les Saulaies jusqu’à La Baratte) et du Canal de dérivation de la Nièvre ;
- Requalification urbaine et paysagère des points d’entrée de la ville jusqu’à présent totalement oubliés ;
- Intervention sur certaines franges de ville et certains lieux emblématiques.